Bureau de développement des entreprises des Bouches du Rhône

Développement d'entreprise et situation économique...
Ce mois-ci nous abordons l’économie sous la vision de Patrick C. MICHEL, Gérant de la Société Horizon Gestion Finance, et Délégué Général du BDE 13, (bureau de développement des entreprises des Bouches du Rhône)
www.emc-mag.com : Patrick dans un premier temps, pouvez- vous, s'il vous plait, nous présenter ces deux structures?
- Horizon Gestion Finance (HGF) est une société d’expertise financière dont la vocation est d’apporter aux dirigeants de TPE et de PME une assistance en matière de gestion. La plupart du temps notre rôle complète la mission de l’expert comptable, en offrant aux chefs d’entreprises une vision prospective sur les décisions et orientations à prendre au sein de l’entreprise.

- Par ailleurs, notre société est spécialisée dans la recherche de solutions financières pour les entreprises, qui font l’objet de besoins en investissements ou en cycle d’exploitation. Dans ce cadre nous traitons également les dossiers liés à la création ou à la reprise d’entreprise. Bien au-delà d’un simple rôle d’intermédiaire bancaire, notre implication aux cotés du dirigeant consiste non seulement à trouver les solutions les plus adaptées, mais également à l’aider à mieux appréhender sa relation avec son banquier, dont il ignore souvent le pouvoir et le mode de fonctionnement.

- Pour sa part, le Bureau de Développement des Entreprises des Bouches du Rhône (BDE13) est un opérateur économique, dont la mission est d’apporter une assistance aux créateurs et chefs d’entreprises, en matière de validation de projets (création, reprise ou développement).
Notre mission consiste également à fluidifier l’information juridique, fiscale, sociale et financière. Implanté depuis sa création en 2001 au sein de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille- Provence (CCIMP), le Bde13 est une association que j’aime qualifier d’utilité économique.

- Certes, il existe un bon nombre d’associations ou de clubs qui aident les créateurs d’entreprises. Cependant, lors de sa création, j’ai souhaité que notre structure puisse offrir une vision pertinente sur la naissance d’une entreprise et son fonctionnement. Pour cette raison, hormis les compétences de notre pôle d’expertise (juriste, fiscaliste, expert-comptable, expert en gestion finance et spécialiste RH), nous sommes avant tout des dirigeants d’entreprises à taille humaine.
Ce qui est à mon sens plus cohérent quant on veut parler de création d’entreprise…
www.emc-mag.com : Patrick, d’après ce que vous me dites, votre cible et clientèle sont essentiellement les TPE et petites structures en tout genre, quelque soit leurs statuts juridiques. Comment faites- vous pour pouvoir approcher ce type de clients ? car pour assurer un chiffre d’affaires constant, il faut automatiquement démultiplier les contacts.
- Il faut tout d’abord souligner que les TPE et PME ont des exigences très spécifiques, ce qui nécessite une forte implication de soi, beaucoup d’écoute et d’adaptabilité. Je ne vous cache pas qu’au sein des deux structures nous sommes en permanence sur tous les fronts.

- Dans le cadre du développement commercial d’Horizon Gestion Finance, il est évident que nous devons, comme toute entreprise, accroitre notre portefeuille clients. Notre démarche s’appuie essentiellement sur notre environnement économique et sur nos interventions en qualité d’expert financier lors de débats ou de réunions. De plus, nous avons mis en place des services récurrents, je pense notamment à Gestion Plus TPE-PME, qui est un tableau de bord de gestion d’entreprise ou à Pilotage Bancaire, qui permet au dirigeant de mieux appréhender sa relation avec son banquier.

- Concernant le Bde13 la démarche est différente car notre organisme est un des principaux acteurs du territoire, ce qui nous procure une notoriété non négligeable. De plus, banques, pôle emploi et BME sont de bons prescripteurs.
www.emc-mag.com : Avez-vous constaté une différence dans votre démarche et dans le comportement de vos interlocuteurs depuis les douze derniers mois ?
- Il est évident que la crise économique sans précédent que nous venons de traverser a modifié le comportement des entrepreneurs. Pour la plupart, nous avons constaté un attentisme décisionnel ce qui est normal, car doper les projets et les investissements de son entreprise en période de marasme économique n’est pas chose facile.

- Parallèlement, nous avons été confrontés au sein du Bde13 à une montée en puissance de demandes d’informations liées à la création d’entreprise. Mais là aussi.. avec un sentiment d’attente de jours meilleurs.
www.emc-mag.com : De la même manière, pensez- vous que les grèves à répétition ont une influence directe sur le fonctionnement des TPE et des tissus économiques régionaux ?
- Malheureusement oui ! Comment peut-on imaginer qu’après avoir traversé une crise économique sans précédent dont la plupart des entreprises ont encore du mal à retrouver une stabilité financière, que les grèves à répétition n’aient aucun impact négatif sur le tissu économique. Selon la CGPME le coût pour l’économie serait de l’ordre de 500 millions à 1 milliard d’euros. Prenons uniquement l’exemple de Marseille et sa grande périphérie, dont les syndicats ne sont jamais les derniers en matière de contestation. Hormis les grèves liées à la réforme des retraites (raffinerie, cantines, transports en commun…), la paralysie de toute l’activité du port Marseille-Fos en raison de la réforme portuaire se solde par plusieurs millions d’euros de perte pour les PME, des centaines de licenciements ou de mises en chômage technique et par un nombre élevé de dépôts de bilan.

- Force est de constater un comportement irresponsable et corporatiste qui à mis à mal l’économie de toute une région, dont les premières victimes sont les TPE et les PME. Je terminerai par ce simple petit exemple: plus de 20 bateaux de croisière ont été détournés vers Toulon et à leurs bords en moyenne trois mille croisiéristes qui dépensent une centaine d’euros par jour. Résultat, plus de 5 millions d’euros de manque à gagner pour les seuls commerçants Aixois et Marseillais.
www.emc-mag.com : Dans vos démarches de prestations avec vos clients vous êtes obligatoirement en relation avec les banques et organismes de crédits, trouvez- vous que leurs positions ont profondément changé ces dernières années ?
- Ce n’est pas la position des banques qui a changé, mais leur appréciation du risque et les exigences des entrepreneurs qui souvent pêchent par méconnaissance du fonctionnement bancaire. Tout d’abord on a souvent tendance à oublier qu’une banque est une entreprise qui doit réaliser un bénéfice, et qu’à ce titre, les concours accordés doivent faire l’objet d’une grande vigilance. De plus, l’application de la directive Bâle II en 2008 a contribué au raffermissement des banques en matière de crédit.

- Par ailleurs, nous devons reconnaître que le contexte de la création d’entreprises de ces dernières années a profondément été modifié. Suppression du capital social pour les sociétés, dispositif de l’auto-entreprise, prochaine instauration de l’EIRL, autant de modifications législatives qui ont un caractère positif au regard des créateurs, mais qui malheureusement vont à l’encontre des règles économiques.

- L’effet pervers de cette mutation se traduit par le sentiment de beaucoup de créateurs qui pensent que l'on peut créer une entreprise avec peu ou pas de fonds propres... mais c’est malheureusement impossible; pour preuve, dès 2009, les premières entreprises sérieusement touchées par l’effet crise étaient celles qui avaient une surface financière réduite.

- Face à la mise en place du dispositif anti-crise de l’Etat, un grand nombre de dirigeants ont accusé les banques de ne pas jouer le jeu. Il faut retenir que ces solutions ne pouvaient aller à l’encontre d’une logique, selon laquelle des crédits à court terme étaient débloqués pour contrer un effet conjoncturel, mais en aucun cas pour compenser des défaillances structurelles. Or, le contexte économique a favorisé dans un premier temps la détérioration des entreprises sous capitalisées.
www.emc-mag.com : Cette tension qui existe actuellement sur le marché, n’est- elle pas pour votre activité principale une opportunité d’affaires supplémentaires ?
- Nous avons bien évidemment constaté une montée en puissance des demandes de financement. Néanmoins, il faut reconnaître qu’en raison d’une plus grande vigilance bancaire en matière de risque, nous avons un taux de refus plus élevé.
En revanche, l’aspect positif de cette tension sur le marché se répercute sur une augmentation de nos mandats de gestion et de relations bancaires.
www.emc-mag.com : Pensez-vous que si cette situation perdure, le nombre de créations d’entreprises va continuer à se maintenir ?
- Malgré un contexte économique défavorable, 2009 a été une année record avec plus de 580 000 créations d’entreprises. Ce chiffre est toutefois dopé par les auto-entrepreneurs qui représentent prés de 50%, dont le dispositif a été mis en place au 1er janvier.
Il est vrai que l’augmentation du chômage favorise souvent l’émergence de projets de création, car cette période d’inactivité salariale permet de mettre en œuvre son projet d’entreprise.

- En revanche, dans les 24 mois qui suivent la croissance des créations, on constate une augmentation significative de radiations et de défaillances d’entreprises, ce qui est un phénomène mathématique logique. Un fait qui peut être aggravé par l’absence de fonds propres des créateurs.
www.emc-mag.com : Selon vous, quelle serait la solution pour que l’activité redevienne croissante et stable ?
- Malheureusement il n’existe pas de solution miracle. Cependant, il est impératif que les dirigeants d’entreprises qui sont les acteurs qui génèrent l’emploi et la valeur ajoutée de notre économie, puissent retrouver la confiance d’entreprendre et de développer.

- Pour cela il faut que chacun tienne le rôle qui est le sien. L’Etat doit continuer d’insuffler l’initiative d’entreprendre et d’investir, sans pour autant se substituer aux dirigeants d’entreprises. Les banques doivent continuer à faire leur métier en finançant l’entreprise et pourquoi pas pour certaines, faire preuve de plus d’audace en matière de prises de risque.

- Enfin, il est primordial que les syndicats modifient leur comportement corporatiste qui est néfaste pour notre système économique, et jouent réellement un rôle constructif pour les salariés et non pas au service d’une idéologie politique, ce qui détruit les entreprises et l’emploi.
Merci Patrick !!
Visiter le site du BDE 13 : www.bde13.fr
Plus de détail sur l'activité de Patrick : www.sos-financement.com
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