Economie : Egypte 3 millions d'emplois menacés

L'EGYPTE

L’Égypte  subit une crise économique de plus en plus aiguëe. Le gouvernement est obligé de piocher dans ses réserves de devises qui baissent à grande vitesse: plus que 13,6 milliards de dollars, à peine assez pour couvrir trois mois d'importations.

La livre égyptienne s'envole face au dollar: elle s'est dépréciée de 14% depuis la chute de Hosni Moubarak.

Le tourisme représentait jusqu'en 2011 la première ressource de devises du Pays.  Mais la révolution a fait fuir les visiteurs, surtout les européens.
La rente a baissé de 11% sur l'année 2012. Du coup, ce sont maintenant les migrants égyptiens, avec leurs transferts d'argent, qui portent l'économie: ils sont devenus la première rente du pays.

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Louxor-Egypte, ville fantôme

Mais Louxor, avec ses trésors archéologiques, souffre durement.
Les bateaux de croisière en 2010, transportaient entre 80 et 100 touristes. Aujourd'hui, ils sont entre 10 et 40, alors que le sud du pays est très calme. Il n'y a ni manifestations, ni émeutes, comme au Caire ou à Alexandrie

L'activité touristique aurait chuté de 70% à Louxor et dans les sites historiques de la Haute Egypte. L'instabilité politique fait fuir les visiteurs,  tandis que les islamistes au pouvoir n'ont jamais encouragé le tourisme, jugé porteur de valeurs immorales.

Les rues de Louxor sont presque désertes.
Durant les congés, la ville devrait grouiller de touristes venus visiter les temples et les tombeaux, ou en croisière sur le Nil. Au lieu de cela, on dirait une ville fantôme.
Le long des rues, les différents sites d’habitude pleins sont désormais désertés ; les cafés sont vides, les grands bateaux fluviaux restent à quai, comme abandonnés .
Sur la Corniche, les conducteurs des calèches attendent des passagers qui ne viennent jamais.

 

On se rend donc bien compte que la ville de  Louxor dépend totalement du tourisme.
Elle est durement touchée par la baisse catastrophique du nombre de visiteurs en Egypte depuis le début de la révolution en 2011.

"C'est la période la plus difficile que connaît le tourisme en Egypte depuis que l'on a commencé à établir des statistiques il y a vingt-cinq ans, explique le directeur régional pour le Moyen-Orient à l'Organisation Mondiale du Tourisme des Nations Unies.

C'est la conséquence du changement politique, et bien sûr, cela engendre une grande incertitude en termes économiques, en particulier dans le tourisme."

 

3 millions d'emplois menacés

Le secteur touristique est vital pour l'Egypte. Il représente 11,3 % du PIB et emploie directement près de trois millions de personnes.
Les sites archéologiques proches du Caire, comme Louxor et Assouan, sont ceux qui souffrent le plus..

Le temple de Louxor a toujours été un  joyau de la ville, mais désormais , il n'y a presque pas un touriste en vue.
En fait, on recense une chute de 70 % de la fréquentation des musées et des sites en Haute-Egypte, avec à peine 1 200 visiteurs par jour, d'après Mansour Breek, responsable des antiquités de Haute-Egypte.

"Nous dépendons de cet argent pour la conservation et la restauration des monuments, pour financer l'archéologie, et bien sûr pour l'emploi. L'absence des touristes nous touche donc très durement," assure-t-il.

Tous les habitants de la ville nous font part de leurs malheurs, depuis les capitaines de bateaux de croisière qui n'ont pas navigué depuis 2011 jusqu'à un voyagiste qui a dû ouvrir une boutique de meubles pour compenser ses pertes.

Mamdouh, un chauffeur de taxi, ne travaille presque plus ces temps-ci, et il doit se battre pour survivre. "Avant, je gagnais 300 livres par jour [43 euros]. Aujourd'hui, je ne vais avoir qu'un seul client, et je n'en gagne plus que 20, raconte-t-il.

Les affaires du Steigenberger Nile Palace, un hôtel de luxe, étaient florissantes il y a encore deux ans. Assis dans la grande cour déserte, son directeur, Gamal Allah, assure que les 260 chambres "étaient réservées à 90 % à la période de Pâques, mais, cette semaine, elles ne le sont qu'à 40 %, alors même que nous avons baissé nos tarifs de moitié.

" Grâce à une récente initiative, on a vu les premiers vols touristiques depuis l'Iran en trois décennies, mais ils ont été suspendus au bout d'une semaine, en raison du tollé d'extrémistes sunnites, furieux de voir des chiites visiter la ville.

   

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Mais comment démentir les images d'agitation politique égyptienne qui ne cessent de circuler dans le monde ? Il a été envisagé de diffuser sur internet des vidéos des sites touristiques égyptiens, afin de prouver que ces destinations sont sûres.

Tout le monde s'accorde à dire que la relance du tourisme passe par la stabilité politique. Mais l'Egypte ne semble pas près de retrouver une telle stabilité.

 

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